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Let’s all be bullies !

décembre 23, 2010

Aux USA, on a des problèmes. Des guerres et des crises qui s’éternisent, des fuites de pétrole et de câbles, ce genre de truc. Alors on parle beaucoup de bullying, ce problème social old school et pas si compliqué.

Aujourd’hui tout le monde outre atlantique traite tout le monde de « bullies », tant le mot est à la mode (cf la courbe Google Trend ci dessous). La congrégation baptiste homophobe de Westboro est un rassemblement de « bullies », Julian Assange est un cyber bully, les USA sont le bully du reste du monde. Le mot a la même capacité à tuer un débat qu’un point Godwin ou qu’un point troll.

trend bullying

Parmis les phénomène qui ont mis le sujet à la mode, il y a surtout eu une vague de suicides d’ados gays victimes du harcèlement de leurs camarades d’école qui a suscité pas mal d’émotion. Ce n’est pas vraiment que le taux élevé de suicide chez les ados gays soit une nouveauté, mais quand l’ado en question laisse derrière lui un Tumblr ou une vidéo Youtube d’appel à l’aide tombés dans un millier d’oreilles sourdes, ça choque.

Le sujet du bullying est vaste, évidement, alors on le traite souvent par morceaux : il y a le bullying homophobe, le cyberbullying, le bullying raciste, etc… Donc que vous n’aimiez pas internet, les homophobes, les gays, les noirs, les racistes, les sportifs ou les geeks, vous trouverez votre forme de bullying contre laquelle vous révolter et vous pourrez rejoindre ce grand mouvement anti-bullying qui unit la nation américaine.

L’important c’est que c’est un problème social avec des gentils et des méchants clairement identifiables et par les temps qui courent, vous comprenez, on va les trouver où on peut.

you wouldn't download a pizza

Tout le monde ou presque, en pensant à son enfance, se souviendra avoir été la victime d’au moins un petit peu de bullying. Et c’est une de ces bonnes causes derrière lesquelles à peu près tout le monde peu se ranger, parce que l’adolescence c’est loin et votre responsabilité aussi, parce que votre engagement peut se limiter à dire « c’est mal » et à ne pas faire grand chose de plus.

La grande campagne anti-bullying qui a amené le débat sur la place publique, c’est « it gets better », une série de vidéos dans lesquelles des personnalités expliquent aux jeunes harcelés que « ça ira mieux ». Un tas de célébrités qu’on imagine volontiers avoir été victime de brimades autrefois a participé : Hilary Clinton, Ellen DeGeneres, Perez Hilton… Mais même Obama a participé. Même Katy Perry.

Katy Perry : fille de deux pasteurs, a appris à chanter à l’Eglise, a laissé tomber le lycée pour le show business. A débuté avec un premier single « Ur So Gay » dans lequel elle utilisait le terme comme une insulte, a connu le succès en jouant les allumeuses sur le titre « I Kissed a Girl » et dont le dernier tube fait l’éloge d’une « différence » qui reste indéfinie. Que dire ? » It gets better » ?

C’est beau toutes ces victimes adolescentes, pures et innocentes, simplement coupables d’être différentes. Alors on ne parle que d’elles. Personne ou presque ne parle de ceux qui les harcèlent. On aurait peur de découvrir que les choses sont un peu plus compliquées que ça.

Pas besoin de dépasser le niveau psychanalyse de comptoir pour savoir que les bullies ne sont pas des enfants sans problème. Toutes les études montrent qu’ils viennent d’une famille autoritaire ou décomposée. Et que les bullies d’un jour sont souvent les victimes d’hier. Ou les deux en même temps.

Formspring est un site web un peu con qui permet à n’importe qui de vous poser anonymement n’importe quelle question. Le site est aujourd’hui accusé d’être une grosse plate forme de cyber-bullying pour les ados. Il se trouve que les gens de chez Formspring se sont penchés sur la question et ont découvert en scrutant les adresses IP des bullies que ceux qui posaient des questions anonymes vachardes étaient, dans un nombre conséquent de cas, les victimes elles même, qui pratiquaient une sorte d’auto-mutilation publique.

hello-kitty-scarification

« It gets better », dans la bouche d’un type comme Perez hilton, ça sonne faux, bien sur. Pas parce qu’il a récemment clamé avoir été victime d’une agression homophobe par les Black Eyed Peas. Plutôt parce que lui même a bati sa renommée en étant le bully des stars, propageant des rumeurs sur eux, faisant leur coming out à leur place, etc… L’hypocrisie était tellement énorme qu’elle ne lui pas échappée, même à lui. Il y a quelques mois, Perez Hitlon a déclaré qu’il allait rejoindre le camp des gentils.

Alors peut-être que les choses vont s’améliorer, petit à petit, avec des initiatives comme celle là. Ou bien peut-être que le cycle de la violence se poursuivra. Récement j’ai assisté à une horrible soirée où des blogueurs un peu geek, le genre qui a du s’en prendre plein la tronche au collège, étaient montés sur une scène devant quelques dizaines de gens comme eux qui riaient et applaudissaient à tout va.

Sur scène, on se moquait de gens différents, parce qu’ils n’avaient pas la même culture web, le même talent. Au fond de la salle où, atterré, je m’étais réfugié, un mini groupe se moquait des looks des gens dans la salle. Moi, quand je suis sorti, j’ai écrit quelques tweets méchants sur ce spectacle affligeant. Et maintenant un billet.

Twitter, O RLY ?

décembre 16, 2010

Il y a un truc qui me gène un peu avec Twitter : j’ai au moment où j’écris 256 followers, et quand je publie un lien, je suis super content quand 20 personnes cliquent dessus.

Je comprends que tout ce que je tweete n’intéresse pas tout le monde, tout le temps, mais quand même… 20, j’ai calculé, c’est justement la moyenne de clics que j’obtiens. C’est 7.91% de mes followers. La vérité, c’est que sur ces 256 followers, j’en ai une immense majorité de « parasites » : des spambots, des comptes abandonnés, des types qui ajoutent tout ce qui bougent dans l’espoir d’être suivis en retour, etc…

J’ai toujours présumé qu’il en allait de même pour tous les autres, et c’est une des raisons de mon scepticisme à l’égard des « buzz » sur Twitter. Il n’y aurait que 33000 français qui se connectent quotidiennement sur Twitter, soit l’équivalent d’un très gros blog. Et on est censé croire que @marionMDM « influence » ses 46 000 followers ?

Pour vérifier un peu ma théorie, j’ai collecté des datas, toutes accessibles publiquement via bit.ly, goog.gl et is.gd, les raccourcisseurs d’URL utilisés par les twittos que j’ai choisi de comparer. En clair, à chaque fois que quelqu’un publie un lien en utilisant un de ces raccourcisseurs, il suffit d’ajouter un « + » (ou un « – » pour is.gd) pour savoir combien de personnes ont cliqué dessus.

J’ai donc sélectionné au hasard dix liens tweetés chez quelques notables de la twittosphère et j’ai noté le nombre de clics sur chacun. Ma méthode est loin d’être suffisamment rigoureuse pour être scientifiquement valide mais nous sommes sur un blog, alors j’ai le droit de faire n’importe quoi. Je me suis tout de même imposé deux règles : les liens devaient avoir été visibles par tous (c’est à dire pas tweeté en réponse à quelqu’un) et ne devaient être  ni un retweet, ni un « via » mais avoir été tweetés pour la première fois par le sujet observé.

Vous pouvez consulter les données dans ce spreadsheet Google docs, mais comme je vous aime, je vous ai fait des graphiques :

En clair, 3,16% des followers de @vincentglad cliquent lorsqu’il leur met un lien, ce qui est plutôt un bon score, puisque @florencedesruol est à 2,30% et @alexhervaud à 1,68%. On pourrait bien sur arguer que plus on a de followers, plus on a une part importante de parasites, surtout en regardant le score quasi nul de @MarionMDM (basé sur deux liens seulement, j’avoue, elle n’en publie pas assez) mais ce serait ignorer les 6% de @maitre_eolas, qui a au moins deux fois plus de followers que les autres.

Avec presque 8% je fais plutôt bonne figure, et, petit luxe que je me suis octroyé, si on ne considère que les liens vers mes nouveaux billets ici, taggués #boumbox, on arrive à un incroyable 12,15 %. Il faut dire que j’observe un peu maladivement mes stats depuis longtemps et que je perfectionne toujours la fréquence de mes tweets, l’heure à laquelle je les publie etc… pour obtenir un maximum de clics. D’autres s’en foutent et ils ont peut-être raison, mais moi je prends ça comme un jeu, c’est maladif les stats pour moi.

Je ne voulais pas cependant utiliser ce billet pour expliquer ma superiorité sur tous les twittos qui ont plus de followers que moi, alors heureusement j’ai trouvé une championne : @parpaing, dont les Twitpic du calendrier de l’avent des blogueuses font cliquer 21,42% de ses followers ! Comme quoi, produire du contenu original, c’est plutôt une bonne stratégie sur Twitter.

Pour remettre les choses à leurs places, voici tout de même un petit graphique basé sur les données en volume :

Un demi pourcent de MarionMDM, ça reste beaucoup plus que tout ce dont je suis capable.

owl ya rly

Je me suis aussi un peu penché sur les comptes Twitter de quelques médias, pour voir, et là aussi j’ai découvert que « Twitter, source de traffic pour vos sites », ça reste, au moins en France, du gros pipeau :

Notez que l’excellent taux de clic de mes amis d’@fluctuat (accusez moi de copinage si vous voulez, les chiffres sont là) est sans doute lié au fait que, de ces trois comptes, c’est le seul qui utilise twitter autrement que comme un autre flux RSS : ils retweetent leurs followers, font des follow friday, ils dialoguent… Une méthode très efficace, même si au final on peut se demander si le jeu en vaut la chandelle, tant les clics venus de Twitter doivent représenter des gouttes d’eaux dans l’audience de ces sites.

owl blaarggag

Au final, vous pourrez me dire que l’important, ce n’est pas la quantité mais la qualité : les gens qui suivent vraiment @vincentglad ou @gonzague ne sont peut-être pas très nombreux, mais un clic sur un de leurs liens c’est un clic qualifié. Après tout, ces cliqueurs sont sur Twitter, ça veut dire qu’il sont probablement jeunes, urbains et qu’ils ont sûrement des moyens. Probable qu’ils bloguent. OK. Mais tout de même, remettons les pieds sur terre : on parle d’une population à trois chiffres, pas quatre ou cinq.

Vous me direz peut-être aussi que Twitter ça n’est pas que pour les liens. Les dialogues, les mots d’esprit en 140 caractères et les infos sur la neige en temps réél sont au moins aussi importantes pour la plupart des utilisateurs de twitter. Le fait qu’ils ne cliquent pas quand un tweet tente des emmener vers l’extérieur ne veut pas dire qu’ils ne lisent et n’apprécient pas les autres tweets.

owl o rly mutant

Quoi qu’il en soit les blogs restent, en terme d’influence, beaucoup plus importants que Twitter. D’ailleurs la plupart de ces « influenceurs » ont un blog ou un site avec un lectorat conséquent. Twitter, que vous ayez 10 followers ou 10 000, ça reste un ghetto pour journalistes, blogueurs, communiquants et geeks qui jouent entre eux.

C’est super pour s’amuser, mais ça ne fait pas des révolutions en Iran et ça ne crée pas des phénomènes culturels en France.

Big Numbers

décembre 9, 2010

Le Cablegate de Wikileaks est symptomatique d’une des grosses révolutions des prochaines années : aujourd’hui tout le monde a accès à un ordinateur capable de traiter plus de données qu’un Etat entier n’en disposait au XXème siècle. Le journalisme peut devenir data-journalisme, les relations sociales peuvent devenir un concours de statistiques (« Sur Twitter j’ai plus de followers que toi, mais tu as un meilleur ratio followers/following »). On ne gère plus des « relations client » on gère des « communautés » de 100 000 personnes sur Facebook. On n’a plus un disque préféré on a une playlist des titres les plus écoutés.

Le XXIème siècle sera spirituel ou pas mais en tout cas il sera chiffré.

the wire dukie

Dans The Wire, on nous explique entre autres que si le « système » ne marche pas, c’est un peu la faute des chiffres. Tout le monde doit « faire du chiffre ». Le « chiffre » est devenu une finalité en soi, détaché de la réalité qu’il est censé représenter. Exemple : l’école qui au début de la saison 4 emploie un ex-gangster pour qu’il ramasse les gamins qui traînent dans les rues et les amène au bureau d’inscription, où on a besoin d’un gros chiffre pour obtenir un maximum de subventions. Une fois les gamins inscrits, on les laisse repartir pour qu’ils ne fassent pas chuter le taux de réussite aux tests standardisés : encore une fois parce qu’il faut un gros chiffre pour obtenir une grosse subvention.

Enfin bon, on peut blâmer les chiffres mais l’alternative n’est pas tellement meilleure. L’alternative, c’est l’égo. C’est « moi je connais la réalité des problème, je connais les vraies gens et j’ai les solutions« . Historiquement, on sait que ça ne marche pas : pour ceux qui ne le sauraient pas depuis longtemps, il suffirait de faire un petit tour sur internet pour se rendre compte que « les vraies gens » sont une construction encore plus artificielle que tout système numérique. « Les vraies gens » sont folles. Elles votent Nicolas Sarkozy et s’emballent les couilles. Elles disent LOL IRL. Ils icent leurs bros. Elles ne savent même pas que le mot « gens » est féminin.

Le problème des chiffres, c’est leur incomplétude, leur imperfection : si on avait tous les chiffres du monde, c’est à dire un modèle mathématique complet capable de décrire justement le monde, le système fonctionnerait probablement beaucoup mieux.

big numbers

Facebook, Google et quelques autres sont assis sur une réserve de chiffres incroyable. Ils ont des chiffres à faire bander n’importe quel sociologue. Imaginez: si un type a pu a partir des données publiques sur Facebook établir ce graphique

saison rupture graphique fréquence…Imaginez la quantité de choses que Marc Zuckerberg, Eric Schmidt et les autres peuvent savoir. Les mecs de OK Cupid, site de rencontre américain, publient régulièrement de tels chiffres, en mettant l’emphase sur la comparaison communautaire : Les gays choppent-ils plus que les hétéros ? Quel est le film préféré des noirs ?

En dehors des quelques révélations triviales d’OK Cupid, que font les sites de ces chiffres ? Ils les vendent aux marketeux évidement, parce que ceux qui veulent le plus mieux connaitre leurs semblables, ce sont évidement ceux qui ont quelque chose à leur vendre. Google est trop cher pour les administrateurs, les sociologues, les administrations, les statisticiens du dimanche…

Evidemment, on peut se dire que c’est plutôt une bonne nouvelle : la solution au problème des chiffres est-elle plus de chiffres ? Le modèle ne sera jamais parfait, les chiffres se détacherons invariablement des réalités, et plus de chiffres, ça voudra dire plus de chiffres mal compris et mal utilisés.

big numbers

Peu importe ce qu’on en pense (et en vrai, on va pas devenir avocats de l’obscurantisme, non ?), les données sont là, de plus en plus accessibles. C’est encore primitif mais on peut tous faire joujou avec Google Trends et bricoler un site comme Youropenbook est à la portée de plus en plus de personnes. Les politiques devraient avoir plus peur de ça que de Wikileaks : comment vont-ils faire pour nous mystifier s’ils n’ont plus l’exclusivité des chiffres ?  Ce n’est pas un petit dérapage par ci par là qu’on va révéler, mais plutôt le gros mensonge sur lequel repose toute leur légitimité « Je connais les chiffres, je connais les problèmes, j’ai la solution ».

Tout est buzz

décembre 7, 2010

Aujourd’hui on appelle ça le bad buzz, parce que c’est court et c’est moche. Avant on avait toute une phrase en français « Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi! » (internet me dit que c’est de Léon Zitrone, wesh) et en anglais « There’s no such thing as bad publicity » qui décrivaient ce que les agences de pub d’aujourd’hui essayent de faire passer comme une des ces nouvelles lois bizarres de l’internet. En anglais, on dit aussi « Succès de scandale » parce que les anglais, les expression francophone-mais-pas-ou-plus-vraiment-françaises comme « Cause célèbre », ils kiffent.

Ca fait longtemps que ce n’est même plus contre-intuitif : toute la génération Y a bien intégré ce qui est un des principes de base du trolling. Quand les réseaux sociaux vous permettent de quantifier précisément votre popularité, vous comprenez vite qu’être gentil et ne pas faire de vague est le meilleur moyen pour qu’on vous oublie.

daltonien

C’est d’autant plus vrai dans un monde régit pas des algorithmes rigides. La semaine dernière le New York Times racontait comment le site decormyeyes.com a trouvé un business model viable en insultant et en menaçant ses clients. Le webmaster moitié russe moitié fou de ce site commande sur eBay des lunettes qui correspondent à peu près aux modèles de marque qu’on lui commande puis il harcèle les clients qui se plaignent d’avoir reçu un objet de contrefaçon, ou une poêle à frire, ou rien du tout.

Ensuite, il redirige les clients vers des sites de consommateurs respectables où ils sont des centaines à dénoncer ses agissements, en postant un lien vers sont site au milieu de mots comme « discount Christian Audigier glasses ». Decormyeyes.com est donc très bien référencé, et mis à part le petit procès occasionnel, le business marche plutôt bien.

cette photo n'a rien à voir avec rien

Vous n’avez pas les cojones pour un vrai bon bad buzz à base de harcèlement ? Vendez le silent buzz à vos clients.

Un blogueur raconte comment, tel un Fox Mulder des temps post modernes, il a découvert un énorme site de rencontres totalement inconnu mais très profitable. Leur seul outil de communication : des pancartes façon agence immobilière plantées sur toutes les pelouses d’une petite ville ou d’un quartier, qui renvoient vers un micro site « singlesploucville.com » ou « 5thavenuedating.org ».

Chaque micro-site laisse miroiter aux célibataires la possibilité de trouver l’amour au pas de leur porte sur un site vraiment dédié. L’inscription passée, ils se retrouvent pourtant sur un énorme site national façon meetic : ces sites de rencontre achètent en fait des clients à des fournisseurs comme les pancarteurs, qui génèrent plusieurs micro-sites et campagnes de pancartes chaque jour.

Personne ne les connait mais ils génèrent plusieur millions chaque année.

Si vous êtes malins, faites croire que ce non buzz est ce que vous recherchez. Achetez quelques billets sponsorisés aux blogueurs putes de services et vous aurez tout ce que vous voudrez. Quand vous montrerez à votre client les beaux billets « machin.com invente le silent marketing » ou « L’anti-buzz de bidule.fr, une stratégie payante ? », il sera aux anges.

C’est qu’il ne faut pas oublier que le buzz, c’est avant tout une invention de pubards pour faire croire à leurs clients qu’on parle d’eux. Mais où parle-t-on d’eux ? Sur Twitter, entre community managers, graphistes, planneurs, créas et ceux qui veulent leur prendre leur job. Ils tweetent cinquante fois par jour, il leur faut bien de la matière. L’actu politique, le nouveau mini-site de Pampers, la neige à la fenêtre : tout est buzz, tout le temps.

J’ai appris au moins un truc depuis que je suis en agence de pub : l’important, ce n’est pas de faire les choses bien, l’important, c’est de bien les vendre. Le type qui signe les chèques n’est pas celui qui vérifiera les chiffres en détails. Il ne verra que le beau ruban, peu importe si vous l’avez mis autour d’un gros caca.

La liberté pour les nuls

décembre 2, 2010

Je vais vous raconter une histoire. Elle parle du téléchargement, de politique, du libre et des gens.
C’est un peu une histoire sur la vie.
Prenez un verre.
Asseyez-vous.
Ça commence comme ça…

Evangelion - Ikari

Quand j’étais jeune, back in 2007, j’ai bossé pour une agence de com’ basée à Paris. C’était une petite agence super cool, au sein de laquelle j’ai appris (sans faire gaffe) un nombre incalculable de choses. Je l’ai quitté 11 mois plus tard pour aller bouffer des sushis au Japon. Peu après, ils ont commencé à réfléchir sur un beau projet, un truc demandé par le ministère de la Culture et qui était indéniablement promis à partir en couilles. Le site : jaimelesartistes.fr.

Tout le monde sait comment l’histoire a finit. Sujet trop touchy, Albanel qui gaffe chaque semaine en étalant son inculture du Web, jusqu’à cette fatale invective aux pirates : « Allez-y, le site est blindé !« . Puis l’attaque, le site mis à genoux, indisponible, l’hébergeur qui abandonne le navire, le couperet du ministère et, sans surprise, la fermeture définitive. Game over.

Ce que peu de gens savent, c’est que ce site maudit n’était pas si méchant que ça. A la conception, l’une des volontés de l’agence et du directeur de projet était de dédramatiser le téléchargement. De sortir trois secondes la tête du sable et de déclarer que le téléchargement était aussi une pratique commune, ordinaire et quotidienne. Pas par trouzaine de gigos octets à la minute, hein ? Mais un titre par-ci par là. Pour l’immédiateté. Un joli tas d’interviews vidéos avait été faites pour l’occasion, et chaque intervenant avait son moment « oui, je télécharge, ça m’arrive« . Vous voyez l’idée ? Une sorte de frein à l’hypocrisie ambiante : condamner le téléchargement massif sans paranoïser au moindre download. Evidemment, ces morceaux d’interview sont plus ou moins bien passés sous la coupe des ciseaux ministériels avant publication. Mais quand même, elles étaient là… et putain, sur un site commandité par un ministère 200% Hadopi, ça avait de la gueule.

Dommage, personne ne les a vues. Le site est mort, la faute à Christine. Fuck it.

Cette histoire m’a rappelé un truc qui s’est passé le mois dernier : l’affaire Lhermitte. Le bon Thierry, interrogé sur sa prise de parts financières sur la boîte chargée de collecter des IP pour Hadopi, explique à l’émission « C à vous » qu’il lui arrive de télécharger des films sur MegaUpload sans savoir si c’est une démarche légale, puisqu’il paye un abonnement.

Bam ! Le Web lui tombe dessus. A longueur d’articles, le mec est ridiculisé, vanné ou crucifié, symbole malgré lui d’une loi impopulaire à geekland. J’te jure… Comme si tout à coup, ce placenta pourri d’émission « C à vous » était devenu le parangon de l’expression libertaire. Lhermitte met le doigt sur un truc absolument génial, déclare publiquement qu’il télécharge des trucs à haut potentiel d’illégalité – et estompe au passage cette frontière merdique entre les clichés du gros pirate puceau qui vit devant sa bécane et de la vierge effarouchée qui paye même des jingles Géant Vert – et quelle est sa récompense pour faire publiquement ce que mon ex-boîte de com’ devait faire passer en transpirant ? Il passe pour un gros con. Lhermitte dit, pour la rhétorique, qu’il ne sait pas si télécharger sur MegaUpload est un délit. S’il n’a pas de certitude, ça veut évidemment dire qu’il sait bien que c’est un délit, mais ça ne l’empêche pas, tout actionnaire de la machine Hadopî qu’il soit, de lever la question. Et ce tas de connards du Web, trop stupides pour s’engouffrer dans la brèche, la rebouche avec béatitude, trop heureux de faire la nique à son ennemi déclaré. C’est la stratégie du Na na nère et, même 20 ans après la Maternelle, ça ne devient pas plus intelligent.

Please stop it

Ce qui m’amène à la crise libertaire de la semaine dernière : Houellebecq, La Carte et le Territoire. Le « plagiat » dénoncé pour trois paragraphes de textes sans valeur artistique levés sur Wikipédia. Un truc que même la nana de Wikimédia elle a dit qu’il fallait arrêter de déconner. Je vous renvoie pour l’avis à un billet exquis de Louis Ferdinand Sébum, journaliste à la sauvette chez Canard PC, un mag’ que même si il parle de jeux vidéos (dédicace à Netsabes), il est plus malin que la rédac de Slate et les blogueurs d’Owni réunis. Bon, okay, j’ai lu Joystick toute ma jeunesse et ces mecs m’ont formé bien plus que l’Ancien Testament et un Deug d’Hannah Arendt à Jussieu. Mais pas autant qu’une Maîtrise captée dans la fac de Jean Marie Le Pen et Etienne Mougeotte… On a les icônes qu’on mérite, j’imagine.

Bon bref.

Les blaires qui hurlent à la violation de trois textes Wikipédia sur des putains de mouches méritent l’ablation testiculaire / mammaire (ne soyons pas sexistes). Juger d’un plagiat à l’aune de 3 pages inintéressantes sur une oeuvre complète… RAH LA LA ! Dans quel monde vit-on ? Un globe sans inspiration, sans sources ? Celui de la transparence totale bidon prônée par Wikileaks ? Genre t’apprend que les gens trouvent Berlusconi con, Sarkozy susceptible, et que Poutine considère les politiques américains hypocrites et tu fais semblant d’appeler cette consensualité absolue un progrès démocratique ? T’en as même pour s’esbaudir (chez les plus assidus) que la guerre produit des victimes innocentes quand tu mixes des soldats débutants et des hélicoptères surarmés. Ah ah ah.

Mais ouais, trop bien !!!

Ah ah ah. La révélation en carton.

La liberté comme un hurlement au loup… Comme une petite censure superficielle au nom de principes qui font plaisir aux demeurés ? Comme ce petit syndrome psychologique qui pousse à hypertrophier les bêtises qui vont dans le sens de tes convictions… C’est comme ça que les gens votent (mal), c’est comme ça qu’on pave les routes glissantes d’intentions brillantes. C’est ce qu’un minimum de recul et de Sens Critique devrait faire rougir de honte. Un mec qui t’explique qu’il défend la liberté, c’est certainement qu’il bâtit une petite clôture autour.
(dernière phrase vraiment à chier, à changer avant de publier )

Le jeu de bit.ly !

novembre 30, 2010

bit.ly

Une des options intéressantes et trop peu utilisées de bit.ly, le raccourcisseur d’URL préférés des twittos, c’est de « customiser » votre URL courte. Au lieu d’un bête bit.ly/cpi7QA vous pouvez choisir bit.ly/cool (sauf que celui là a déjà été réservé pour… un article sur bit.ly).

Le jeu de bit.ly, c’est donc de taper des mots au hasard et de voir vers quoi il renvoient : Stupid renvoie par exemple logiquement vers un article sur l’administration Bush. Et si ces mots ne renvoient encore vers rien, à vous de trouver le lien le plus approprié.

Ainsi certaines requêtes posent question : Est-ce que le community manager du site inconnu au bataillon didit.com a eu l’idée de linker son site depuis « awesome » ? Simon Robic sait-il que sarkozy renvoit vers son site simonrobic.com ? Pourquoi merde renvoie vers Google.fr ?

ILoveU est aussi mignon qu’on pourrait s’y attendre :

OhNoes donne cette « innapropriate kids slide »

Oh, et puis évidement, il y a l’incroyablement hot http://bit.ly/xxx

Tout l’intérêt du jeu pour nous, c’est que la plupart des mots et adjectifs français les plus courants restent libres, contrairement à leurs équivalents anglais. Il nous reste donc de la marge pour être créatifs.

Boumbo X

novembre 29, 2010

Boumbo X

Bon week end !

Godwin partout, nazis nulle part

novembre 26, 2010

Le point Godwin c’était un truc bien. Je me rappelle encore quand j’ai appris son existence au début des années 2000, sur un forum. C’était un de ces moments merveilleux où tu découvres que quelqu’un a mis des mots là où personne ne l’avait vraiment fait avant.

C’était utile quand la discussion partait en couille. On disait « point Godwin » et puis on riait tous et on se resservait une tournée de Manhattans. C’était une époque plus civilisée.

Aujourd’hui, on a des gens qui attribuent des « points Godwin » comme des lettres écarlates à quiconque évoque les nazis sur internet, que ce soit pour une blague, une discussion sur « La Liste de Schindler » ou, sait-on jamais, ça arrive, une comparaison tout à fait justifiée.

Pour rappel : comparer Obama à Hitler parce qu’il propose un plan de sécurité sociale modeste, c’est con. Noter les similitudes entre le traitement des roumains cet été et en 1940, ça peut être une mise en perspective plutôt utile.

Baby_Deer_Loves_Hitler_by_humon

Le point Godwin, c’est un état, pas une sorte de carton rouge à distribuer. Ce que Mike Godwin a inventé, ce n’est même pas un point, c’est une loi : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1 ». Usenet est mort, mais pas la loi de Godwin : chaque jour de nouveaux exemples viennent confirmer sa loi.

Pour Mike Godwin, qui venait de lire un bouquin sur la mémétique, sa loi était une expérience et elle a incroyablement bien marché. Il en avait marre de voir les gens se traiter de nazi sur Usenet, et la connaissance aujourd’hui universelle de cette loi a certainement contribué, sinon à réduire la fréquence de ces comparaisons, du moins à ce que ceux qui les lisent les prennent avec plus de pincettes.

Bref, évoquer la loi de Godwin, c’est tenter de tempérer le débat, ce qui souvent est quand même plutôt une bonne chose. Distribuer des « points Godwin », c’est tenter de tuer le débat. Un peu comme un nazi, lol.

En fait, comme la commissaire européenne Viviane Reding l’a appris à ses dépends cet été, le reductio ad hitlerum peut très vite se retourner contre vous et a perdu toute sa force face aux distributeurs de points G. Voici donc quelques autres outils plus utiles aujourd’hui :

– Le point troll : on en avait déjà parlé sur Boum Box, traiter quelqu’un de troll ça peut être très utile quand vous êtes acculé dans une discussion.

– Le point rageux. « Rageux », c’est l’adaptation française du hip hop « hater ». Le hater est, selon Urban Dictionnary, toute personne incapable d’être heureux du succès d’une autre personne et qui va par vengeance attirer l’attention sur un défaut chez le winner. Traiter quelqu’un de rageux, c’est ôter tout crédit à sa parole au prétexte qu’elle serait jalouse. Ça peut être très utile quand on est une star du hip hop pleine de fric et de défauts.

– Le point playskool (© @smahingpenguin), c’est quand vous traitez votre interlocuteur de pédophile. Exemple : – « Bonjour monsieur le président. belle journée n’est-ce pas », -« J’ai l’intime conviction que vous êtes un pédophile, connard ! ».

– Le point hipster : traiter quelqu’un de hipster, c’est le désarmer totalement dans toute discussion culturelle. Personne ne sait exactement ce qu’est un hipster, tout le monde en parle, tout le monde en a vu mais personne n’en connait vraiment. Surtout, tout le monde a peur d’en être un, aussi invariablement, votre interlocuteur abandonnera la discussion en cours pour se défendre de cette terrible accusation.

hipster spottingParmi les nombreuses autres lois de l’internet, il en existe une qui peut contrer le point Godwin : le loi de Cohen. Selon cette loi que je ne prendrais pas la peine de traduire : “Whoever resorts to the argument that ‘whoever resorts to the argument that… …has automatically lost the debate’ has automatically lost the debate.”, ou encore, en version longue :

‘whoever resorts to the argument that… ‘whoever resorts to the argument that … ‘whoever resorts to the argument that… …has automatically lost the debate’ …has automatically lost the debate’ …has automatically lost the debate’ …has automatically lost the debate’ …has automatically lost the debate’ has automatically lost the debate. »

Exercice : Retrouve dans cet article les allusions aux nazis qui relèvent de le loi de Godwin et celles qui n’ont rien à voir avec cette loi.

Vol en dessous d’un nid de coucou

novembre 22, 2010

On ne le dit pas souvent, occupés qu’on est à imaginer du fast-food pré-pensé pour intellos précaires et désoeuvrés, mais Goldfish et moi-même avons des boulots. Moi, je suis le CM d’Ulule, un site charmant plein de bonnes idées (pas les miennes, donc), localisé dans un beau bâtiment du 20e arrondissement, à un étage de différence avec Rue89. Rue89, sur toutes les lèvres ce matin, pour avoir été victime d’un cambriolage dans la nuit de Samedi à Dimanche (pendant que moi je mangeais des pizzas en fêtant le Beaujolais nouveau dans l’obscurité pailletée de la nuit parisienne).

Alors bien sûr, après les « affaires » Médiapart / Le Monde. De nombreuses voix se sont élevées, rattachant cette nouvelle cambriole (Rue89 s’est fait cambriolé 2 fois cette année) à une parano politico-médiatique déjà bien bâtie. Evidemment, Rue89 joue un peu de cet angle (qui leur en voudrait ?), et contribue à faire tourner la machine. Mais peu de mots, voire aucun, dans tous les articles traitant de ce cambriolage, sur les 3 autres boîtes dont la porte a été défoncée et le matériel embarqué. Une start-up techno, un site d’info Européenne, ainsi qu’une boîte de com’ évènementielle qui a subit la majorité des prises.

Quatre cambriolages en une nuit donc : un joli butin. Ordis portables (uniquement, les fixes n’ont pas été touchés, ni les disques durs… autant pour le vol de datas sensibles), écrans géants, matos numérique… Bref, de l’objet, du consommable, du revendable. Du crapuleux. L’ordinateur de Pierre Haski ne sera pas ausculté aux RG, ou dans n’importe quelle boîte privée spécialisée dans la revente de données, il sera mis aux enchères sur eBay. Sauf que ça fait moins rêver de parler de simple cambriolage, comme il en arrive tant chaque jour dans cette ville (l’un des collaborateurs d’Ulule s’est fait cambriolé par plus tard que jeudi dernier). Par contre, invoquer le fantôme flippant de la surveillance politique, ça coco, c’est du bon !

Petit jeu : recoupez les lettres en gras dans l’illustration suivante. Indice : c’est une homme politique français d’origine hongroise.

Que les journaleux soient victimes de surveillances illicites, que leurs bureaux soient saccagés et fouillés, au mépris des principes républicains de la France du bonheur laïc, c’est moche, c’est sale, c’est dégradant. Qu’on utilise ces fortes suspicions, dans un climat médiatique qui paranoïse, pour laisser de côté les faits et mettre en avant la théorie conspirationniste avec un air de ne pas y toucher… ce n’est pas beaucoup mieux. Je ne dis pas que c’est le fait des gens de Rue89, au demeurant plutôt sympas, mais celui d’une presse nationale en mal de storytelling, qui prend le parti de la victimisation avec des pincettes, elle qui sait si bien les dégâts en crédibilité qu’une telle posture peut impliquer, mais pourtant sans honte et surtout… sans investigation.

Je peux me gourer, j’ai certainement pas la science infuse. Mais des voleurs de données sensibles qui se barrent sans les disques durs, et qui passent 6 heures à vider tous les bureaux qu’ils réussissent à ouvrir, ça me fait doucement marrer comme théorie. Oubliez le Watergate. Ce qu’il faut chercher, c’est juste une Camionnette.

Heil Community Manager

novembre 19, 2010

Vous pardonnerez je l’espère ce détour loin des sujets jeunes et funs : je vais devoir parler boulot. Il parait qu’en tant que community manager, mon blog c’est mon CV (et mon nombre de followers sur Twitter aussi). On me dit que les temps, ils courent, et je ne peux plus me permettre de ne parler que de plans skets et de Justin Bieber. Je tiens donc à orienter tout potentiel employeur vers ce billet dans lequel je montre ma maitrise avancées du logiciel Powerpoint ainsi qu’a mes nombreuses « insights » dans le domaine du management.

Le plus important cependant, en tant que community manager, c’est semble-t-il de montrer sa capacité à improviser une métaphore filée sur son boulot. Chez les champions de Mycommunitymanager, par exemple, le community manager est un oeuf. Un oeuf, oui, mais pas n’importe lequel : dans la douzaine il se détache, parce qu’il est en or. Et puis aussi, il y a deux pièces de puzzle… enchaînées ? Et un chef d’orchestre en clipart. Bienvenue dans le #2.0# !

Ces trois éléments épellent un mot : WIN. Pour le bien de mon personal branding, je dois trouver le même genre de métaphore efficace. Je dois imposer MA vision du community management. Du community management 2.0, parce qu’il est grand temps que les vieux qui font ce taff depuis dix ans prennent leur retraite.

Le community manager « vieille génération » est au sein de sa communauté, comme un relai entre les membres de celle ci et ceux qui payent son salaire. C’est un peu le type qui voit la force de la communauté, qui l’écoute, qui croit qu’elle a quelque chose à dire sur son propre sort. Bref, c’est une espèce de vieux gauchiste limite coco. Depuis trop longtemps le web est infesté de cette engeance des idéaux dépassés des années 00 qu’il faut enterrer avec tous les idéaux fumeux de cette époque révolue : la neutralité du net, le peer to peer, Wikipedia, Wikileaks et tous ces archaïsmes.

Les communautés peuvent être manipulées. Disons le : elles doivent faire ce qu’on veut qu’elles fassent, parce que si on se met à écouter leurs idées, elles finiront par nous prendre nos jobs. Le community manager 1.0 parlait d’early adapters, d’intelligence de la foule. Le community manager 2.0 parle d’influenceurs, de « one-to-many », de « golden eggs ». Il n’est pas un simple relai : c’est un meneur. Il a une place de leader dans sa communauté. C’est un Community Führer.

Les early adopters, ces « membres clés » de la communauté, sont les SA : très utiles au début, ils finiront par devoir être sacrifiés. C’est tout le problème des old fags et des new fags sur 4chan. Ce sont eux qui vous aideront à l’emporter sur les communistes (toutes les autres communautés) mais leur indépendance et leur sens de la propriété de la communauté les rendra gênants à long terme.

Les influenceurs, qu’ils soient blogueurs, twittos ou simples trolls au sein de votre communauté, sont les SS du community Führer. Ils prennent de plus en plus d’importance au sein de la communauté, ils ont des idées très arrêtées sur ce qu’elle doit être et ces idées clashent avec celles des early adopters. Ces simplets, qui imposent leurs idées avec d’autant plus de violence qu’elles sont étroites, sont plus utiles au Community Führer qui a besoin de mener une communauté menée par quelques idées simples : Une plate forme. Une communauté. Un Führer.

Pas besoin de quelque chose d’aussi violent que la nuit des longs couteaux : vos SA s’enfuiront simplement devant la puissance de trolling des SS.

Avec ces influenceurs, le Führer pourra mener son programme d’extension sur le web. Il annexera des réseaux sociaux de plus en plus nombreux : Facebook, Twitter, Youtube. Il fera tomber un à un Tumblr et tous les autres. Sa communauté sera partout jusqu’à ce que… Personne n’est encore arrivé jusque là, vraiment. Je ne vais pas dévoiler tous les secrets de ma stratégie tout de suite mais que mes potentiels futurs employeurs se rassurent : j’ai déjà à l’esprit une solution. Pour la fin.

Moot, on pourrait croire qu’il est le Führer de 4chan. En fait, c’est probablement plus un Lénine : le web attend toujours son vrai Führer. En tout cas Moot n’est pas loin d’avoir conquis le web. Alors qu’est-ce qu’il va faire ? Il va créer un nouveau truc, appelé canv.as dont personne ne sait trop ce que c’est mais qui, on le soupçonne, a pour but d’enfin lui rapporter un peu d’argent. Parce que bon le communisme c’est bien joli comme idée mais ça ne nourrit pas son homme.