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Le mensonge communautaire, 2e partie : Harry Potter à l’école des community managers

juillet 28, 2011

Les profils de Community Manager, sérieux : c’est la cour des miracles. Peut-être que c’est la faute à la normalisation du truc, ou au soudain appel d’air engendré par le repositionnement des marques, des agences, des marketeux, des indépendants, des sites, des institutions, du porno et des charcutiers sur le territoire communautaire.

Tout d’un coup, les communicants, les journalistes, les techs, les chômeurs et les reconvertis de tous les bords surgissent par wagons entiers aux entretiens, aux pic-nics et aux évènements de CM. Ça en fait du monde ! Des blogs se montent, des réseaux se forment, des communautés de community manager apparaissent. De Bac+5 à Bac-3, tout le monde s’est trouvé une expérience de community manager dans son histoire du Web.

Animateurs / plombiers des espaces communautaires, les CM se frottent à tous les problèmes : internes, externes, relations client, RP, presse, sans devoir se départir du sourire Colgate et de la bonne humeur qui fait partie de l’ADN de toutes les marques. Les plans pourris, il faut les soutenir. Les bugs, il faut les défendre. Les erreurs, il faut s’en excuser. Les choses, il faut les promouvoir. Keep cool & smile. Contacter les réseaux, faire des sourires et vendre du rêve. Traquer l’influence, l’amadouer et s’en servir. Courbettes, bises et poignées de main. Traduire ça en dashboards Excel. Le CM, à moins d’être placé sur un joli compte et de se faire draguer par tous les communicants transis, est dans la position d’un éternel prétendant : sa seule arme c’est son pouvoir de séduction.

Alors comme tous les dragueurs, le CM apprend à classer, répertorier et viser les cibles à portée de sa catégorie. Il  met en avant les atouts de sa marque, il en minimise les défauts, il construit un storytelling qui la (et le) valorise, avec un seul but : emmener ses potentiels partenaires au lit. Les blogueurs »influents », c’est facile, il suffit souvent d’un peu d’argent (ou de cadeaux). Les autres sites, c’est à l’ego, il faut leur montrer qu’on les aime et qu’on les respecte en affichant votre relation au monde entier, de la façon la plus voyante et exclusive possible. Puis il y a les hauts de gamme, ceux qui jouent hors de votre catégorie, ceux qui demandent de l’observation, de l’analyse, de la patience et un brin de culot, ceux auprès desquels on peut déployer des trésors d’efforts sans obtenir même un regard (ou un petit mail), ceux qui distribuent des râteaux en se mouchant dans votre cerveau, mais qu’on relancera inlassablement, comme un insecte suffoquant dans leur boite à spam.

Puis, un jour, le community manager devient fou.

A force de consensualité, notre gentil G.O qui encaisse les commentaires désobligeants de clients teubés, qui répond aux trolls les plus relous de leur génération, qui explique avec gentillesse des choses évidentes aux crevards du cerveau, il lui arrive aussi d’avoir les neurones qui fument. Souvent, les CM s’épanchent alors dans leur compte Twitter, ou sur un blog (hum hum…) pour vider un peu le sac de l’aspirateur à conneries. Petit à petit, cette schizophrénie patente devient un quotidien, et lorsqu’on finit par réussir à jongler entre différentes plates-formes, différents tons et différentes fonctions sans se cramer le cerveau : on devient senior. A ce moment, il est très important d’avoir trouvé un poste chez une marque/agence/entreprise qui nous convient, sous peine de graves dégâts psychologiques, qui provoqueront frustrations et fusillades sanglantes dans les open-space de la France.

BAH OUI !! T’as beau être le plus mignon CM du monde, c’est un métier dangereux. A cause de tous ces GENS. Auxquels tu dois PLAIRE. Pour faire une communauté SYMPA. C’est GRYFFONDOR, comme l’a encore prouvé Orangina (qui aime les roux). Tu trouves du contenu, ou tu le fais, mais tu fais gaffe à publier des trucs GENTILS, pour que ta communauté choupie, elle rigole et like à foison.

La réalité du marketing Web, c’est que ce n’est pas Harry Potter qui va à l’école des Community manager : c’est le Community manager qui a intérêt à aller à l’école des Harry Potter. C’est TOI le gentil sorcier, c’est TOI le leader soit-disant naturel, c’est TOI qui doit créer un groupe de copains soudés qui te suivent au bout du monde, c’est TOI le mec un peu con-con qui va mener le jeu, c’est TOI qui aura des copains plus charismatiques parce que plus libres, c’est aussi TOI qui ira te bagarrer contre les bâtards de Serpentards qui viennent empoisonner tes espaces communautaires, par contre tu devras le faire avec des sorts GENTILS, pas question de t’énerver, jamais, c’est le MAL.

En fin de compte, c’est TOI qui est en charge de lever une petite armée suffisante, avec l’aide des CM de marques amies (SERDAIGLE, POUFSOUFFLE…) pour  niquer tous les HORCRUXES du quartier : les community managers concurrents, et éliminer définitivement la concurrence VOLDEMORT pour t’accaparer le territoire de marque, en entier, rien que pour toi. POUDLARD.

Que le marketing communautaire soit une guerre, ce n’est pas une grande révélation en soi, bien sûr. Qu’il soit une guerre où l’on pousse des êtres humains plutôt normaux à devenir des maniaques schizophrènes, des storytelleurs barjots, des petits pions pipeauteurs dans la stratégie brumeuse du Web communautaire auquel, et c’est suspect, tout le monde comprend tout.

Le mensonge communautaire, c’est cette idée que le communautaire est un truc sérieux qui existe vraiment, que ça peut revêtir plus d’importance qu’une bonne grosse campagne pub chère sur toutes les télés de France. Une idée qui a fait couler des océans d’encre, qui a dévasté des forêts numériques, sans toutefois revêtir la moindre once d’importance pour tous les gens qui ne travaillent pas dans le communautaire. Pourquoi devenir le copain de Whirlpool ou d’Hippopotamus ? Que veut-on qu’ils nous apportent ? Est-ce une erreur ? POURQUOI fait-on ça et POURQUOI tant de marques sont prêtes à investir encore et encore dans ces trucs ?

La réponse demain avec 2Goldfish !

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5 commentaires leave one →
  1. juillet 28, 2011 10:23

    RHHHAAAA ! encore du suspense ! Je n’en puis plus.
    Par contre je pensais que tu serais un peu plus méchant envers toute la bullshiterie communautaire, genre ça : http://www.mycommunitymanager.fr/orangina-secoue-t-il-trop-sa-com-2-0/. Mais c’est surement parce que je suis frustré/aigri/psychopathe.

    Bien à vous

    • 2goldfish permalink*
      juillet 28, 2011 11:07

      Mon article pour demain est presque près. Il parle beaucoup d’Orangina, mais même pas tant pour parler des roux…

      • Baleine des sables permalink
        juillet 28, 2011 12:04

        Il est près de quoi ?

      • 2goldfish permalink*
        juillet 28, 2011 12:06

        De toi !

  2. juillet 28, 2011 10:50

    Joli.
    En attendant l’épilogue avec un peu les chpettes…

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