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Vous aussi, pratiquez le Cheap Marketing !

juillet 25, 2011

Si vous êtes versé dans les arcanes mystérieuses de n’importe quelle forme de business, vous le savez déjà : tout est marketing. De la forme de vos flyers à votre typo en passant par la manière dont vous répondez au téléphone, tout, absolument tout, ce qui est susceptible d’entrer en contact le public à un moment ou un autre, c’est du marketing.

Pour autant, le bon marketing existe et, n’en déplaise aux tristes, il peut donner des choses merveilleuses (et même sincères !). Le problème, c’est que le bon marketing demande deux choses : du temps et du talent. Du temps pour trouver la bonne idée (ou la série d’idées qui fera votre stratégie) et qui fera mouche chez votre cible, le talent pour mettre ça en application comme il faut (exemple de bon marketing / exemple de mauvais marketing).

Reste que, lorsqu’on a ni temps, ni talent, ni moyen, ni même un peu de volonté, suffit d’appeler le cheap marketing à la rescousse ! Le cheap marketing, c’est un ensemble de petites règles éculées qui suivent le petit paradigme suivant :

ça a pu marcher dans le temps
selon toute vraisemblance, ça ne devrait plus marcher maintenant,
mais ça marche encore quand même, parce qu’il y en a qui tombent toujours dedans

Voilà, vous remarquerez facilement que la petite règle précédente signifie en gros « ça marche auprès des cons« … Certains diraient que comme la majorité des gens sont cons, ça reste très efficace, alors cqfd. Moi, je pense pas ça du tout, parce que j’aime les gens et que je suis community manager. Mais un petit renoi spécial m’a dit un jour « il faut de tout pour faire un monde » alors bon, t’as vu, j’évoque.

Le cheap marketing, c’est donc l’application à l’arrache d’astuces marketing un peu faisandées. Par exemple :

> Mettre des femmes nues
Stratégie célébrée par les marchés du textile et du yaourt : vendre des produits à des nanas en leur montrant des nana nues (Fish a beau psychanalyser nos genres sexuels tel un Freudien futurologue, faudra encore qu’on m’explique celle-là). Les magazines le font aussi, depuis toujours, plus ou moins bien, souvent très mal. L’attrait de la chair, les couv’ de Maximal en colonne Maurice, brand new girl being hot. Même au 21e siècle, l’ère où un môme de 8 ans a vu plus de corps nus sans les chercher que tous les boutonneux des années 90s après avoir passé leur puberté à déjouer Canal+ avec les lunettes 3Ds du paquet de Frosties, ça marche encore à bloc. Une strat’ aussi cheap que l’effet cheap qu’elle provoque sur nos petites hormones cheap… Ca marche partout et tout le temps. La preuve ? Les spambots Twitter arborent rarement de vieux moustachus.

> Faire du Call to Action à tout bout de champ
« Cliquez ici« , « Devenez fan« , « Suivez nous« … Autant d’incitations qui, toutes les études vous le montreront, relèvent sensiblement votre taux de clics. Ces petits trucs qui vous disent ce que vous avez à faire s’appellent des ordres implicites. Tous les sites d’e-commerce testent et retestent comme des barges des douzaines de formulation : en déplaçant une virgule par ici, en modifiant un mot par là, en ajoutant CLIQUE ICI CONNARD en rouge clignotant, tous les résultats de ces incitations sont disséqués, analysés et comparés, jusqu’à arriver à la formulation ultime, celle qui a terrassé tous ses synonymes, celle qui sort victorieuse de l’arène textuelle, avec du sang aux mains et des traumas au coeur, celle que le peuple aura choisi de son petit clic de souris, tels des hourras et des roses couvrant de gloire le gladiateur épuisé, la bête valeureuse. Toutes les landing pages Facebook ne servent qu’à ça, pointez des grosses flèches vers le bouton « like » en promettant des merveilles. N’écoutez pas votre graphiste, d’ailleurs giflez-le : personne ne pige rien sans texte explicatif. Dites à vos internautes ce qu’ils doivent faire, et dîtes-le en gros.

> Lancez des concours !
Celui-ci, c’est mon préféré. Son fonctionnement est magique, pervers et sublime :
Gagner un truc sans payer, ça intéresse qui ? Tout le monde. Mais votre marque / client / campagne s’adresse à qui ? A votre cible.
Hors, en dehors de cas extrêmement rares… votre cible : ce n’est jamais tout le monde.
Ainsi apparaît dans toute sa simplicité l’essence profonde du concept de concours en marketing : une roue de secours.  Un plan de sortie, au cas où votre communication principale se foire. Un concours vous ramènera toujours du monde, il gonflera toujours vos chiffres, si vous ratez votre cible, il sera toujours là pour ramasser à la ronde.
Pourquoi ? Parce que votre concours se retrouvera sur tous les sites de concours du web : des immenses fermes de contenus où se retrouvent publiés tous les concours actuellement en ligne. Des dizaine de milliers de gens sont là, recevant chaque jour des newsletters plein de liens : des concours du jour – avec les réponses s’il y a des questions – et ils jouent, à tour de bras, à la va-vite, la quantité faisant qu’ils finissent par gagner des trucs. Le Web regorge d’histoires de concours « piratés » par cette armée d’inconnus. La plus jolie est sans doute celle d’Offspring (le groupe de musique) qui, en 2000, voulait redonner à un de leur fan une partie de la fortune amassée grâce à eux. Voici donc leur single en téléchargement légal et un million de dollars pour celui ou celle qui serait tiré au sort. Evidemment, la nana qui gagne n’est pas du tout fan du groupe, c’est une Californienne de 45 ans qui ne les connait pas.
C’est elle, et ses légions d’amis, que votre concours attirera aussi. Votre concours touchera aussi votre cible, aussi sûrement qu’un obus de mortier touchera le général raté par votre sniper, mais dans ce cas, vous savez que vous prendrez possession d’un fort de bien moindre qualité.
(Bien sûr, il existe une exception, le concours créatif, dans votre communauté. Celui qui favorise la créativité et la qualité, dont votre communauté est le moteur et le gagnant un vrai champion de votre marque… Mais toi-même tu sais, ces concours là sont plus longs, demandent plus d’efforts et ramènent moins de participation.)
Bref, vous avez besoin de chiffre en catastrophe ? Un bon gros concours à lot est votre meilleur ami ! Une participation contre une adresse e-mail, et vous aurez une belle liste à présenter au client !

Bon, on va s’arrêter là, je sens bien que vous avez compris les grands principes du cheap marketing : pas cher, pas compliqué, pas quali. Mais efficace !
Vous bossez dans une agence pour des clients de 12e zone ? Appliquez, appliquez sans retenue ! Vous ne gagnerez pas de prix Stratégies mais, camarades, vous aurez des transfos et des taux de clics à faire blêmir des hordes de chefs de projet qui n’ont pas (encore ?) vendu leur âme. Cheap cheap ami du web, et n’oublie pas : si ça s’explique en plus de 13 mots, c’est trop compliqué pour être efficace !

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17 commentaires leave one →
  1. juillet 25, 2011 15:21

    Pas Cali ?!

  2. 2goldfish permalink*
    juillet 25, 2011 15:41

    Sinon, un truc qui marche comme les femmes nues, c’est de mettre des bébés.

  3. Statler permalink
    juillet 25, 2011 17:26

    Il y a aussi la technique de l’élu, le « xème visiteur ». J’avais vu ça gamin dans Boule et Bill, je rêvais que ça m’arrive. Maintenant j’aimerais qu’on me foute la paix avec ça.
    Je trouve que c’est le pendant violent de la publicité qui te tutoie. « Toi l’internaute, oui toi derrière ton écran, tu es unique, viens. On a des sous et des green cards. »

    • juillet 25, 2011 19:45

      Je suis sûr que tu as laissé passer plein de ferraris et de millions de dollars en ne cliquant pas sur ces gifs rouges clignotants !

  4. Statler permalink
    juillet 25, 2011 20:16

    (je mets une balise wordpress au pif par gout du jeu)
    Ouai d’ailleurs, la frontière entre spam/scam et marketing cheap est ténu. Je dirais bien qu’il y en a un des deux qui croit à sa merde, mais j’ai de sérieux doutes.

    • Statler permalink
      juillet 25, 2011 20:17

      Inouï pour la balise. Bon par contre #fail je voulais répondre à fifi_

      • 2goldfish permalink*
        juillet 26, 2011 09:57

        Tu dois être la première personne à réussir ça, sérieux, je te tire mon chapeau.

      • juillet 26, 2011 11:27

        C’est clair, bravo, moi non plus je sais pas le faire. :)

      • Statler permalink
        juillet 26, 2011 11:59

        Nan mais je triche, j’ai un wordpress.

  5. @giniouxe permalink
    juillet 26, 2011 12:00

    Pourquoi que ça marche les femmes nues auprès des femmes ? C’est d’une simplicité bilbique, telle que c’est le fond business de la presse féminine : tu mets une Famapoil photoshopée > Lafâme se sent moche et coupable de ne pas être aussi sexy > Lafâme se dit immédiatement qu’elle ne trouvera (gardera) jamais LePrinceCharmant qui fera d’elle une Lafâme et Lamère accomplie > Lafâme éprouve un profond désir de consommation pour être enfin aussi sexy de Lafamapoil photoshopée.

    CQFD

    PS : Petit résumé de l’étude de Gayle Bessenof sur l’impact des pubs de manequins sur le score d’insatisfaction corporelle des lectrices de magazines féminins (p. 147) : http://www.scribd.com/doc/59754086/150-Petites-Experiences-de-Psychologie-Des-Medias-Sebastien-Bohler-Dunod

    • juillet 26, 2011 12:21

      Bien résumay. Pas mal ce lien ! ;)

      • @giniouxe permalink
        juillet 26, 2011 13:37

        Merci bien :)

    • juillet 26, 2011 14:42

      C’est qui FD ???

      • @giniouxe permalink
        juillet 26, 2011 14:50

        Un type qui se fait aussi appeler QED

  6. seb permalink
    juillet 27, 2011 18:52

    Ok avec les fâmapoils, le call to action ça se discute, mais j’ai surtout une remarque concernant les concours : ils sont pas faits pour les consommateurs, ils sont faits pour les acheteurs (esclaves) de Michel-Edouardo Conardo, les marques s’en foutent de faire des cadeaux à leurs clients elles veulent surtout de la TG. Sinon c’est cool ici.

    • 2goldfish permalink*
      juillet 27, 2011 19:40

      Bienvenue Seb !

      Je suis pas sur d’avoir compris ton argument. Michel Eduardo Connardo le fait, donc c’est pas cheap ?

      Non mais en vrai de toute façon on fait semblant, on n’y connait rien en marketing : on se décide à rendre le blog plus actif en plein mois de juillet, quand tout le monde est en vacance. Je crois qu’on est un peu nuls :)

      • seb permalink
        juillet 27, 2011 21:09

        En fait je dis simplement que cela a une utilité, ça ne sert pas vraiment la marque mais plus le business.

        Ben continuez à faire semblant de s’y connaître moi ça me va, la blogosphère marketing/web/socialmedia/monculsurlacommode est barbante, répétitive et blindée de tous les trolls de la terre. Ici moi je rigole bien :)

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