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Let’s all be bullies !

décembre 23, 2010

Aux USA, on a des problèmes. Des guerres et des crises qui s’éternisent, des fuites de pétrole et de câbles, ce genre de truc. Alors on parle beaucoup de bullying, ce problème social old school et pas si compliqué.

Aujourd’hui tout le monde outre atlantique traite tout le monde de « bullies », tant le mot est à la mode (cf la courbe Google Trend ci dessous). La congrégation baptiste homophobe de Westboro est un rassemblement de « bullies », Julian Assange est un cyber bully, les USA sont le bully du reste du monde. Le mot a la même capacité à tuer un débat qu’un point Godwin ou qu’un point troll.

trend bullying

Parmis les phénomène qui ont mis le sujet à la mode, il y a surtout eu une vague de suicides d’ados gays victimes du harcèlement de leurs camarades d’école qui a suscité pas mal d’émotion. Ce n’est pas vraiment que le taux élevé de suicide chez les ados gays soit une nouveauté, mais quand l’ado en question laisse derrière lui un Tumblr ou une vidéo Youtube d’appel à l’aide tombés dans un millier d’oreilles sourdes, ça choque.

Le sujet du bullying est vaste, évidement, alors on le traite souvent par morceaux : il y a le bullying homophobe, le cyberbullying, le bullying raciste, etc… Donc que vous n’aimiez pas internet, les homophobes, les gays, les noirs, les racistes, les sportifs ou les geeks, vous trouverez votre forme de bullying contre laquelle vous révolter et vous pourrez rejoindre ce grand mouvement anti-bullying qui unit la nation américaine.

L’important c’est que c’est un problème social avec des gentils et des méchants clairement identifiables et par les temps qui courent, vous comprenez, on va les trouver où on peut.

you wouldn't download a pizza

Tout le monde ou presque, en pensant à son enfance, se souviendra avoir été la victime d’au moins un petit peu de bullying. Et c’est une de ces bonnes causes derrière lesquelles à peu près tout le monde peu se ranger, parce que l’adolescence c’est loin et votre responsabilité aussi, parce que votre engagement peut se limiter à dire « c’est mal » et à ne pas faire grand chose de plus.

La grande campagne anti-bullying qui a amené le débat sur la place publique, c’est « it gets better », une série de vidéos dans lesquelles des personnalités expliquent aux jeunes harcelés que « ça ira mieux ». Un tas de célébrités qu’on imagine volontiers avoir été victime de brimades autrefois a participé : Hilary Clinton, Ellen DeGeneres, Perez Hilton… Mais même Obama a participé. Même Katy Perry.

Katy Perry : fille de deux pasteurs, a appris à chanter à l’Eglise, a laissé tomber le lycée pour le show business. A débuté avec un premier single « Ur So Gay » dans lequel elle utilisait le terme comme une insulte, a connu le succès en jouant les allumeuses sur le titre « I Kissed a Girl » et dont le dernier tube fait l’éloge d’une « différence » qui reste indéfinie. Que dire ? » It gets better » ?

C’est beau toutes ces victimes adolescentes, pures et innocentes, simplement coupables d’être différentes. Alors on ne parle que d’elles. Personne ou presque ne parle de ceux qui les harcèlent. On aurait peur de découvrir que les choses sont un peu plus compliquées que ça.

Pas besoin de dépasser le niveau psychanalyse de comptoir pour savoir que les bullies ne sont pas des enfants sans problème. Toutes les études montrent qu’ils viennent d’une famille autoritaire ou décomposée. Et que les bullies d’un jour sont souvent les victimes d’hier. Ou les deux en même temps.

Formspring est un site web un peu con qui permet à n’importe qui de vous poser anonymement n’importe quelle question. Le site est aujourd’hui accusé d’être une grosse plate forme de cyber-bullying pour les ados. Il se trouve que les gens de chez Formspring se sont penchés sur la question et ont découvert en scrutant les adresses IP des bullies que ceux qui posaient des questions anonymes vachardes étaient, dans un nombre conséquent de cas, les victimes elles même, qui pratiquaient une sorte d’auto-mutilation publique.

hello-kitty-scarification

« It gets better », dans la bouche d’un type comme Perez hilton, ça sonne faux, bien sur. Pas parce qu’il a récemment clamé avoir été victime d’une agression homophobe par les Black Eyed Peas. Plutôt parce que lui même a bati sa renommée en étant le bully des stars, propageant des rumeurs sur eux, faisant leur coming out à leur place, etc… L’hypocrisie était tellement énorme qu’elle ne lui pas échappée, même à lui. Il y a quelques mois, Perez Hitlon a déclaré qu’il allait rejoindre le camp des gentils.

Alors peut-être que les choses vont s’améliorer, petit à petit, avec des initiatives comme celle là. Ou bien peut-être que le cycle de la violence se poursuivra. Récement j’ai assisté à une horrible soirée où des blogueurs un peu geek, le genre qui a du s’en prendre plein la tronche au collège, étaient montés sur une scène devant quelques dizaines de gens comme eux qui riaient et applaudissaient à tout va.

Sur scène, on se moquait de gens différents, parce qu’ils n’avaient pas la même culture web, le même talent. Au fond de la salle où, atterré, je m’étais réfugié, un mini groupe se moquait des looks des gens dans la salle. Moi, quand je suis sorti, j’ai écrit quelques tweets méchants sur ce spectacle affligeant. Et maintenant un billet.

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4 commentaires leave one →
  1. Harry permalink
    décembre 24, 2010 13:55

    http://goo.gl/W7D4V

  2. décembre 27, 2010 17:26

    tu parles des Craypion right ?

Trackbacks

  1. “Doctissimo m’a tuer” ou l’art de se moquer d’autrui » OWNI, News, Augmented

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