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Inventons la Geek-Lit

juillet 20, 2010

Je ne suis pas le premier a avoir remarqué que les héros des films produits par Judd Apatow sont généralement des types assez repoussant, physiquement et moralement. Qui croit vraiment que Katherine Heigl se taperait ce gros lourdaud de Seth Rogen dans Knocked Up ? Qu’est-ce qu’Emma Stone trouve à Jonah Hill dans Superbad ?

Les héros de ces films sont des geeks, qui n’aiment pas s’habiller, se coiffer, se raser et qui préfèrent jouer aux jeux vidéos et regarder sur porn en fumant de gros joints toute la journée. Et pourtant ils tombent des filles qui sont bonnes, super lookées, ont des bons jobs et des tas de winners qui se jettent à leur pieds. Grâce à sa super meuf, le mec va trouver un super job, un statut social, mais finalement, au fond, il ne changera pas, il obtiendra juste avec une facilité déconcertante tout ce qu’il mérite en tant que vrai type super avec un gros coeur. Et en plus, la meuf est vraiment cochonne.

Bref, ces films tiennent plus du fantasme que de la réalité (scoop !) et évidement, il y a des féministes du dimanche pour s’en offusquer. Ce qu’on dit moins, c’est que ces films ne sont que le pendant masculin des comédies romantiques classiques où, 9 fois sur 10, la fille est elle aussi une grosse connasse.

complexe princesse porn

Il y a bien sûr pas mal de différence. Déjà, en général, elle est belle et bien sapée, parce que les filles ne voudraient jamais s’identifier à une moche ou à une grosse. Les héroïnes de rom-com sont des filles qui ont un vrai problème : Pretty Woman est une pute, Bridget Jones est alcoolique, l’accro du shopping est accro du shopping… Surtout, elles sont toutes égocentriques, vindicatives, et souffrent du complexe de la princesse Disney. Pourtant, elles finissent toujours par trouver leur Richard Gere sur son cheval blanc.

Les comédies romantiques, masculines comme féminines, sont bien évidement sexistes. Mais elles ont pourtant un rôle social potentiellement constructif, fonctionnant comme des soupapes quand la pression sociale se fait trop forte pour nos émotions de jeunes gens modernes et sensibles : t’en fais pas, t’as beau être un connard/une conasse, ta maman-putain/ton chevalier servant te trouvera et tout ira bien.

bruno chevalier servant

Ces réflexions m’ont un jour mené à inventer un genre littéraire, nommé la geek-lit, qui serait l’équivalent masculin de la chick-lit. La geek-lit, ce serait des séries de romans de gare, dans lesquels invariablement un geek rencontrerait une fille formidable et geek elle aussi. Il y aurait plein de référence assez pointues aux différents domaines de geekerie choisies. Les bouquins s’appelleraient « Love on Warcraft », « Coup de foudre sur Japan Expo », « Sorry but your princess is in another castle ».

Je pourrais devenir riche en écrivant ces bouquins. Du moins je le croyais, jusqu’au jour où je me suis rendu compte que la geek-lit existe déjà :

Scott Pilgrim, évidement, en est le meilleur exemple et avec le film, bientôt le plus mainstream. On a aussi toute une flopée de webcomics, avec en tête parmi eux Questionable Content, qui ressemble de plus en plus à un « harem manga » dans lequel une poignée de personnages mâles se partagent l’affection d’une multitude de filles représentant chacune un fantasme-stéréotype différent.

Bref, l’idée est déjà dehors, elle prospère, il y a peut-être même eu des romans que je ne connais pas… Mais le marché est encore jeune, et vous aussi, vous pouvez me voler l’idée et devenir le Guillaume Musso de la geek-lit. Allez donc vous faire financer sur MyMajorCompanyBooks.

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4 commentaires leave one →
  1. Melok permalink
    juillet 21, 2010 10:54

    « Sorry but your princess is in another castle » j’aime :D

    Dans la catégorie Geek-lit, Katsura a pas mal donné
    avec I »s, Video Girl Aï ou D.N.A
    J’en ai lu pas mal quand j’étais ado, geek, et meilleur pote de… des filles que j’aimais.

    Le shonen regorge de manga de ce type comme Slam Dunk ou Noritaka.
    Même Dr. Slump a pour trame de fond l’amour impossible de Senbeï.

  2. juillet 21, 2010 10:57

    Effectivement, en dehors des exemple de comic/manga, ton post me fait penser au roman d’Henry Michel « Le Centre ».

    A consulter ici
    Je me demande si on aura un jour droit à la fin, mais c’est une lecture qui m’a bien fait kiffer.

  3. Smorfelt permalink
    juillet 22, 2010 17:46

    Les gars, vous confondez le terme Geek avec Nerd.
    Bien qu’un geek puisse être un nerd, et vice versa, il ne s’agit pas de la même désignation.

    Le nerd est une personne qui est obsédée par une passion, alors que le nerd est socialement handicapé pour des raisons variées (pas forcément par sa geek-attitude).

    « Love on Warcraft » me semble plus approprié pour un nerd qu’à un geek.

    Bises,
    Jerome

    • 2goldfish permalink*
      juillet 23, 2010 10:34

      Je pourrais répondre avec ce diagramme :

      Mais je préfère encore répondre avec celui là :

      :D

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