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Facebook, le roman, le film, la comédie musicale, le dessin animé

avril 8, 2010

C’est Ben Mezrich, un sombre auteur de romans fantastiques, qui sortait le mois dernier ce truc : « La Revanche d’un solitaire – la véritable histoire du fondateur de Facebook« , avec une couverture qui est en elle-même un crachat au visage de toute l’histoire de l’esthétisme.

Fincher part en vrille et sort The Social Network en Octobre, starring Timberlake. Smells like money ? Kevin Spacey mettrait des sous dans la prod, lui qui a rencontré Ben Mezrich durant le tournage de Las Vegas 21, film désastreux tiré d’un roman du mec.

Le pitch : Mark et Edouardo, brillants étudiants à Harvard en manque de meufs, créent une appli participative pour élire les plus jolies filles du campus et tenter de les niquer. Bravant tous les droits à la personne possible, ils pillent les bases de données étudiantes de leur fac et publient photos, profils et infos persos sur leur site, qui attire tous mecs en chien des alentours. Réseautage, web 2, profils persos, les ingrédients de la réussite sont réunis et Facebook naît dans la joie et l’allégresse, réseau estudiantin bientôt ouvert au public dans l’élan du succès total. Argent. Mark trahit Edouardo. Feux de l’amour. Mark pété de thunes se tape plein de gonzesses. Revanche. Il devient le jeune riche le plus cool du monde. Ensuite il vole vos données perso à vous. Lucifer.

Ben Mezrich n’a évidemment pas rencontré Mark Zuckerberg, le truc est une biographie romancée basée sur des témoignages de dizaines de personnes (who’s who ?) et de milliers de pages de procès  (genre tu lis les minutes d’une audience…). BOUH !!!

marky-mark

Alors ? Qui sont les gens qui lisent ce roman pourri ? Si l’on en croit les articles liés d’Amazon (ma source intarissable d’analyse sociologiques bidons à portée de clic), les gens qui veulent ranger « La Revanche d’un Solitaire » dans leur bibliothèque sont enclins à le coller aux côtés de chefs d’oeuvres impérissables comme « La méthode Google – Que ferait Google à votre place ? » de Jeff Jarvis, « Facebook, Twitter et les autres… Intégrer les réseaux sociaux dans une stratégie d’entreprise » de Christine Balagué, « Facebook : mes amis, mes amours, des emmerdes : la vérité sur les réseaux sociaux » d’Olivier Levard, « L’art de la séduction » de Robert Greene, « Bienvenue sur Facebook ! : LE mode d’emploi » de Jérôme Bouteiller, et « Power les 48 lois du pouvoir » encore de Robert Greene.

Sur ces datas infaillibles, il apparaît que le lecteur type de « La Revanche d’un Solitaire » est un community manager pas très calé, malheureux en amour et avec une petite tendance à la domination mondiale. Qui s’achète l’équivalent d’un Voici romancé pour gros malin ringard du Web qu’on disait 2. Sérieux ? Je veux dire « Sérieux ?! ». Quitte à lire du téléfilm M6 maquillé en roman, autant y aller franchement et s’acheter du Douglas Kennedy ou du Nick Hornby (see what i did there ?). Voilà des mecs qui s’assument ! Et au moins, ils ne se prennent pas (tout le temps) au sérieux.

Pour les autres glandeurs du Web qui veulent apprendre en rigolant des choses marrantes sur l’envers du décor, il reste Bringing nothing to the party : Confessions of a new media whore, de Paul Carr et c’est gratuit pour vos kindles de Pâques.

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One Comment leave one →
  1. 2goldfish permalink*
    avril 8, 2010 18:16

    FACT : Les meilleurs Community Manager que je connais sont heureux en amour.

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